Echange de mail, lié au prix démesuré de ce stages de survie. Stage Couplan
Cyril et Ismaël:
Bonjour François Couplan,
Nous vous écrivons car nous avons visité votre site internet.
Nous sommes deux jeunes passionnés du monde sauvage et primitif, à la recherche d'une alternative de vie à un Monde domestiqué. Nous faisons beaucoup d'ethnologie sur les sociétés dites primitives dans l'intention de pouvoir retrouver l'utopie détruite d'Homme vivant de la forêt: ce que nous appelons la vraie nature de l'Homme.
Ce Monde et ces coutumes sont en opposition claire avec la Nature Humaine. Et nous sommes profondément humains.
Nous tentons d'appliquer les idées que nous avons réunies depuis quelques années en faisant des voyages et des expériences au sein de la nature. Durant ces expériences et voyages, nous avons fait de votre ouvrage ("Vivre en Pleine Nature") notre guide principal. Vous êtes donc un auteur référent à notre quête. Votre savoir est donc une clé de notre aspiration; qui serait un retour total à nos origines profondes allié à une synthèse du savoir que nous offre la civilisation.
Malgré la richesse de vos ouvrages, nous pensons que la transmission du savoir la plus efficace reste celle du contact humain et que rien ne peut remplacer la présence et la bienveillance d'un guide averti.
Nous aimerions donc apprendre ce que vous proposez dans votre stage sur "la vie primitive" et dans celui "des plantes comestibles". En revanche, il nous est radicalement impossible de comprendre pourquoi vos stages sont-ils premièrement: payants et ensuite si chers...
Avez vous payé les gens qui vous ont apportés ce savoir ? La Nature est elle reservée au personne qui possède de l'argent ? N'est ce pas contradictoire avec les enseignements que vous proposez qui peuvent amener à devenir indépendant du système monétaire... ?
Peut on sincérement commercialiser un savoir ? Le savoir a t il réellement un prix ?
Sachant que nous sommes tout deux jeunes et étudiants, nous n'avons pas, comme vous avez pu le comprendre, les moyens d'accéder à votre rencontre. Et nous ne voulons pas rentrer dans cette logique qui nous semble contradictoire avec les idées que vous essayez de véhiculer.
Qu'auriez vous à répondre ?
Merci.
Couplan:
Je vous répondrai bien volontiers si vous me dites qui vous êtes :
un mail non signé, c'est un peu impersonnel.
J'ai aussi une question :
avez-vous lu mon livre "La Nature nous sauvera" ?
Vous y trouveriez, je crois des réponses.
Si vous ne pouvez pas vous le payer, empruntez-le,
ou volez-le, comme le proposait en son temps Hara-Kiri.
Cordialement.
François Couplan
Cyril et Ismaël:
Nous nous appelons Cyril et Ismaël, si cela peut vous aider à répondre à nos questions...
Pour votre question sur votre livre "La Nature nous sauvera": non, nous ne l'avons pas lu.
En revanche, nous avons des questions sur la problématique de ce livre que nous avons lu dans le résumé. Vous vous attaquez à des problèmes globaux de l'alimentation mondiale, pour sauver le mode de vie occidental (ce fameux "nous" de votre titre); alors que nous, nous attaquons directement le mode de vie occidental qui, nous le pensons, est le réel problème sur cette planète ! Connaissez vous le livre de Marshall Sahlins Âge de pierre, âge d'abondance. Economie des sociétés primitives ? Nous pensons que cet ouvrage est susceptible de vous intêresser au plus haut point.
Votre livre traite il cette problèmatique et uniquement cette problèmatique ou le thème est il plus élargi ? Si il est élargi, nous aimerions connaître les autres points abordés.
Ce livre n'a pas l'air d'avoir de rapport avec nos questions sinon lesquelles ?
Couplan:
François Couplan
Cyril et Ismaël:
Ecoutez... Nous ne doutons pas que vos livres puissent être très intéressants. Mais nous ne vous avons pas envoyé ce mail dans l'intention de recevoir de la pub. Vous ne savez même pas ce que nous pensons et vous vous permettez d'ajouter des informations que nous ne recherchons pas pour le moment.
Nous avons autre chose à faire que de lire un livre que nous n'avons pas en notre possession, et qui sera à notre avis, la dernière de nos priorités.
Nous vous avons posé des questions sur votre stage, et la seule réponse que vous avez pour le moment, c'est de nous présenter votre livre. Nous pensons que vous voulez détourner notre attention vers un autre sujet pour ne pas à avoir à nous expliquer cette contradiction qui fait tâche dans vos jolies discours d'ethnologue bienveillant.
Permettez nous d'ajouter et d'affirmer que vous n'êtes pas un défenseur des primitifs, il n'y a qu'à voir la couverture de votre livre : "l'Homme blanc qui prends, et l'Homme sauvage qui donne ce qu'il lui reste", (ca nous rappelle un pitoyable tableau de l'Histoire que nous tentons d'oublier aujourd'hui, ne serait ce pas la découverte de l'Amérique). Après avoir pris leur dernier trésor il sera plus aisé pour ce Monde de les oublier et d'exterminer les derniers foyers de cette humanité sage, à coup d'argent et de culture voir même de coup de fusil dans la tronche. Vous n'êtes pas un
*ethnologue, mais un voleur de savoir gardant jalousement son précieux petit trèsor, emprisonné dans votre porte-feuille en fibres d'orties.
Ne nous prenez pas pour des imbéciles, M. Couplan. Nous avions une forte estime de vous et nous étions curieux de savoir qui vous étiez. Mais la réalité c'est que vous êtes et que vous vous comportez comme les "domestiqués": des accapareurs et ensuite donneur... au prix alléchant qu'il convient.
Vous avez lu le livre de Sahlins mais je ne pense pas que vous en ayez compris l'œuvre et la réalité scientifique, peut être que l'avoir lu dès sa parution vous a fait perdre la mémoire. C'est pourquoi vous n'irez jamais chercher plus loin que votre petit savoir précieux qui vous confère ce glorieux pouvoir que vous pouvez exercer à votre guise sur autrui - belle sensation que de posséder un pouvoir que les autres n'ont pas - et ainsi, vous permettre de faire d'un savoir vital votre source de revenu.
Vous poussez l'ironie jusqu'à préciser "L'hébergement et la nourriture sont compris dans le prix". Il est triste d'avoir espéré que des Hommes comme vous aient une once de lucidité et de constater que vous êtes tous aussi bêtes et ignorants que les autres : nous persistons à dire que ces derniers sont le "nous" de votre titre... Sinon que vient faire ce livre dans les rayons de la Fnac ? Pensez vous que les Nénètses, les Touaregs, les Na, les Malbri ou encore les Fuégiens aient la possibilité de lire ce merveilleux livre ? Je ne pense pas, d'ailleurs, quelle utilité y trouveraient-ils ?
C'est dommage que les nombreux peuples indiens d'amérique du Nord n'est pas eu la chance de lire votre livre "la Nature nous sauvera" avant de disparaître écrasé par nos besoins nourriciers, ils auraient peut être survécu à l'hollocoste occidentale... peut être...
D'autant qu'on peut se demander qui, dans les différentes couches sociales de cette société, sera effectivement touché. Pensons par exemple à ce SDF qui serait ravi de manger une bardane dans le bois de Boulogne, la Nature le sauverais, lui. Ca lui fait quand même un sacré paquet de temps à attendre avant d'obtenir ces 900 euros par mendicité pour enfin apprendre à se passer des autres.
Vous pensez régler le problème avec votre unique savoir mais pour comprendre le problème de ce Monde, il ne suffit pas d'ajouter une nouvelle solution à ce tas fumant de solutions incomplètes, mais de comprendre l'origine du problème. Il est des soupes de légumes qui ne font pas passer le gout amer et violent de notre mode de vie.
Vous voulez sauver quoi ou qui ? Vos propriétés ? La propriété ? Votre fierté ?
C'est vrai, nous ne devrions pas vous faire perdre votre temps, car votre temps c'est de l'argent. Les relations humaines et les discussions aussi ça coûte cher visiblement, vu vos assauts répétés pour nous rediriger vers un livre qui parlera a votre place. Reste-t-il quelque chose qui ne soit pas monnayable en ce monde ? Ce mail peut être...
Cyril et moi même, publierons cette échange fort intéressant sur nos blogs respectifs... Nous pensons que les personnes qui nous lisent à qui nous les avons recommandés mérite de savoir qui vous êtes en réalité. Il n'y a que votre savoir sur la survie douce qui soit une chose incroyable chez vous, finalement... Rien de plus. Avec nos regrets les plus sincères.
Couplan:
François
Si la vie nous permettra de voir un jour au delà des apparences c'est à la condition que les individus auxquels nous parlons n'y mettent pas toute leur capacité intellectuelle, sempiternellement concentré sur de la forme.
Comment pourriez vous prétendre que nous sommes imperméable à la discussion sachant que cela fait 3 mails consécutifs que nous essayons d'en engager une, en essayant sans arrêt de repousser votre imperméabilité à vous. Vous faites ce qu'on appelle en psychologie du : transfert.
On ne sait pas si nos vies respectives se croiseront, a moins qu'un hasard ne mette pas d'intermédiaire monétaire entre nos individus respectifs.
François